Topic outline

  • General

    Axe 2 : Améliorer la connaissance de l’incidence des facteurs de pressions

    • Topic 1

      Améliorer la connaissance de l’incidence des polluants

      Contexte et état des connaissances actuelles sur le sujet

      La présence de molécules xénobiotiques dans l’environnement engendre de plus en plus d’interrogations sur leur impact dans les fonctions écosystémiques. Ce souci concerne en particulier les abeilles car d’une part, elles sont soumises à des risques d’intoxication et d’autre part, elles font souvent office de bio-indicateurs pour détecter la présence de polluants dans le milieu ou leur impact sur les insectes auxiliaires. Nos travaux sont principalement orientés vers la connaissance de l’impact des xénobiotiques, et des pesticides en particulier. Le contexte de nos travaux sur les pesticides est la conciliation de la lutte contre les bio-agresseurs des plantes et celle de la protection des abeilles. La réussite de cet enjeu principal implique une analyse précise des effets toxiques des polluants, une innovation dans les méthodes d’investigation de cette toxicité et in fine une amélioration des procédures d’évaluation du risque.

      Les partenaires impliqués dans l’UMT engagent des travaux sur le développement de nouvelles méthodes de diagnostic de l’intégrité des fonctions biologiques de l’abeille domestique. Ces recherches méthodologiques concernent l’enregistrement automatisé du comportement des abeilles (de l’échelle de la population avec les compteurs entrées/sorties, à l’échelle individuelle avec la vidéosurveillance ou les transpondeurs RFID). L’échelle infra-individuelle est également explorée par le développement de biomarqueurs biochimiques des effets de xénobiotiques et par l’analyse des mécanismes biologiques impliqués dans les fonctions physiologiques ou dans l’action des polluants.

      Objectifs des travaux de l’UMT

      • Caractérisation des profils toxicologiques de polluants chez l’abeille domestique.
      • Études des effets conjugués d’association de polluants.
      • Modélisation de l’impact des polluants sur les populations.
      • Mise au point de méthodes de mesure de la toxicité.
      • Développement d’outils et de méthodes pour évaluer la toxicité et le risque liés aux polluants.
      • Conception et amélioration d’outils d’aide à la décision des stratégies de protection des plantes.
      • Topic 2

        Améliorer la connaissance de l’incidence des ressources

        Contexte et état des connaissances actuelles sur le sujet

        Les relations réciproques entre la diversité floristique et celle des abeilles sont des éléments d’explication du lien souvent fait entre l’altération des habitats et l’état alarmant des populations d’abeilles. La flore présente dans l’ensemble des surfaces interstitielles des cultures (haies, bordures, fossés, talus, lisières) apporte des ressources alimentaires en dehors de la floraison des plantes cultivées. Les environnements pauvres en milieux semi-naturels manquent souvent de sites privilégiés pour la nidification, la reproduction ou le refuge de nombreuses espèces d’abeilles. Ainsi, il est souvent avancé que l’intensification agricole se caractérisant par un recours important aux intrants chimiques, par une diminution et une fragmentation des espaces non cultivés, a un impact négatif sur les abeilles. Certaines études appuient cela mais d’autres nuancent fortement la vision simpliste selon laquelle les pratiques agricoles exercent des facteurs de pression uniquement négatifs sur les espèces : certaines espèces généralistes peuvent étendre leur distribution dans des régions aux pratiques agricoles pourtant intensives. De ce fait, l’abondance de certaines espèces végétales communes et cultivées peut contribuer à maintenir un certain service de pollinisation dans les agrosystèmes, voire influencer positivement la quantité de réserves alimentaires dans les colonies d’abeilles domestiques, et par conséquent la production de miel. De plus, l’hypothèse couramment posée selon laquelle la diminution de la diversité alimentaire fragilise l’état de santé des abeilles est à ce jour peu étayée scientifiquement.

        Objectifs des travaux de l’UMT

        • Réalisation d’essais sur des ruchers dédiés à l’expérimentation .
        • Contextualisation des expérimentations in situ sur les communautés, les populations et les individus.
        • Étude de la qualité des ressources alimentaires récoltées.
        • Influence des pratiques culturales et de la gestion du territoire sur les ressources.
        • Influence de la structure du paysage et des cultures entomophiles.
        • Topic 3

          Améliorer la connaissance de l’incidence des bio-agresseurs

          Contexte et état des connaissances actuelles sur le sujet

          De nombreux parasites et pathogènes constituent aujourd’hui une menace forte pour l’abeille domestique, mais ils ne peuvent que partiellement expliquer le déclin des populations. Parmi ceux-ci, Varroa destructor, fléau mondial, est une menace permanente pour les colonies d’abeilles domestiques et une préoccupation majeure pour les apiculteurs. Actuellement, seuls les traitements acaricides sont efficaces contre cet acarien. Mais l’utilisation de ces produits présente les inconvénients inhérents à l’utilisation de pesticides, en premier lieu l’apparition de souches résistantes de varroa, ainsi que les problèmes de résidus dans les produits de la ruche. Des méthodes alternatives doivent être envisagées pour lutter contre cette parasitose.

          Le LBPA (Laboratoire de biologie et protection de l’abeille) s’intéresse à connaître la biologie du varroa, ses relations avec son hôte, sa dynamique de populations, ainsi que les paramètres de l’environnement qui le placent dans une situation optimale de développement et de reproduction. Cette approche est à la base de la mise au point de méthodes alternatives. L’équipe est engagée dans l’élaboration d’une lutte intégrée contre le varroa avec, au plan fondamental, un programme d’étude des aspects de biologie et d’écologie chimique, et un programme d’étude de la caractérisation des mécanismes de tolérance des abeilles au varroa. À un niveau plus appliqué, sont entrepris la mise au point de nouvelles méthodes de lutte biologique et chimique, et la mise en évidence et le suivi de la résistance du parasite aux acaricides.

          Un élément majeur de l'approche est l’identification de colonies d’abeilles qui survivent au parasite depuis maintenant plus de onze ans pour certaines d’entre elles (7,6 ans en moyenne), sans aucun traitement. Nous cherchons à connaître les bases de cette tolérance. En outre, les progrès récents de la génomique chez l’abeille et nos collaborations aux Etats-Unis nous ont permis de développer les techniques d’expression génique. Le but est de connaître l’effet du parasitisme sur l’expression des gènes de larves ou d’abeilles adultes. L'ITSAP a une grande expérience de la lutte contre varroa, et de nombreuses ADA, et tout particulièrement l’ADAPI, sont impliquées dans des expérimentations visant à tester différentes méthodes de lutte. La collaboration avec l’INRA dans ce domaine est d’autant plus intéressante qu’elle permettra de partager nos savoir faire et de coordonner les actions.

          Outre le varroa, de nombreux pathogènes sont actuellement préoccupants pour la santé des abeilles. C’est le cas de Nosema ceranae et de nombreux virus, associés ou non à d’autres pathogènes. Les interactions entre ces pathogènes et entre pathogènes et stress environnementaux comme les pesticides sont certainement une clé dans les disparitions d’abeilles actuellement.

          Objectifs des travaux de l’UMT

          • Mise au point d’un procédé pour estimer les populations de varroas dans les colonies d’abeilles. • Mettre au point une méthode de lutte intégrée contre le varroa. • Intégrer les connaissances et les méthodes nouvelles sur les maladies des abeilles à la gestion du cheptel apicole. • Mise en place d’outils communs.